La lumière ne fait pas de bruit

Sténopés et photogrammes, 2020

Ce projet est une quête qui vise à retourner aux fondements de la pratique photographique. Dans cet esprit, le rapport à la nature et à ses matières – eau, terre, arbre, roche, soleil – est central dans mon travail et se manifeste tant dans les sujets photographiques que dans l’esthétique des œuvres.

Adoptant une approche expérimentale je revisite des procédés sans lentille que sont le sténopé, et les photogrammes où du papier photosensible sert de négatif. Que ce soit à l’aide de caméras rudimentaires fabriquées dans des cannettes d’aluminium, ou en réalisant des photogrammes en plein jour, de longues expositions, allant de quelques heures à plusieurs mois, permettent à l’image de s’imprimer directement sur le papier sans qu’une révélation en chambre noire soit nécessaire. Le temps, variable capitale en photographie, est prolongé à des extrêmes venant ainsi s’opposer à la rapidité de la photographie actuelle tout en rappelant la simplicité du processus photographique.

La confection des appareils, le choix des lieux d’implantation ou des matières disposées sur le papier, la durée d’exposition, sont autant d’étapes qui viennent questionner le rapport que nous entretenons avec le temps et les lieux.

Les images qui émergent de ce travail sont ensuite traitées numériquement et imprimées en grand format de façon à mettre en évidence le passage du temps sur le papier : trajectoires apparentes du soleil; impressions floues de paysages; dégradation du papier; etc. L’ensemble de ces qualités offrent à l’image une matérialité et des textures qui amènent les regardeurs à se questionner sur le processus de création.